CoronaReset

C’est vrai, 2020 ça s’écrit 2×20, mais de là à vivre mondialement une quarantaine, vous l’auriez imaginé, vous? Les cyclones, les tsunamis, les éruptions volcaniques et autres inondations ou sécheresses de l’autre côté de la planète (pas chez nous), on commence à connaître, tout comme la condition épouvantable des migrants… mais un petit grain de sable nommé COVID 19, qui se glisse tranquille dans les rouages de l’économie mondiale, et qui nous force du jour au lendemain à l’arrêt, au chômage technique les uns après les autres, ça on ne s’y attendait pas!

Enfin, chômage… Pas pour tout le monde… Le monde médical qui lutte d’arrache-pied contre la pandémie frise le burnout global. Les parents qui se retrouvent H24 à jouer les éducateurs, puis les GO et puis les professeurs de marmots qui tournent comme des lions en cage aussi! Non, c’est clair, la vie n’est pas égale pour tout le monde. Il y a ceux pour qui tout va bien, qui ont l’espace et l’environnement adéquat pour passer la crise. Il y a ceux qui se retrouvent coincés les uns sur les autres, dans quelques m2, et qui doivent se maîtriser grave pour ne pas devenir violents. Et puis il y a ceux qui se retrouvent seuls face à eux-mêmes, jour après jour… et qui doivent se maîtriser grave pour ne pas se sentir délaissés, abandonnés. Le sentiment d’isolement est encore plus pesant si on ne s’est pas mis au goût du jour de la technologie, si on ne maîtrise pas (par conviction ou non) les 1001 outils permettant de rester en lien virtuel, de se voir par caméra interposée, de s’envoyer des vidéos et des photos rigolotes, histoire de se changer les idées…

On s’inquiète de la santé et de l’isolement de nos proches, surtout les plus vulnérables, et aussi de notre avenir, des conséquences économiques de tout ça… On ne choisit pas ce qui nous arrive, mais on choisit la manière d’y répondre. A chacun de trouver sa posture, en fonction de ce qui résonne pour soi. Il y a les « CoronaSceptiques » qui tentent de minimiser la pandémie en prenant le COVID 19 comme une simple grippe, d’échapper aux mesures sanitaires et de « continuer comme avant ». Il y a les « CoronaPaniqueurs » qui suivent la courbe de propagation et de mortalité du virus heure après heure. Il y a les « CoronaComplotistes » qui en profite pour faire la peau au gouvernement, quitte à faire l’amalgame entre la famille des Coronavirus et le COVID 19. Et puis il y a les « CoranActivistes » qui se mettent à coudre des masques pour les hôpitaux ou à faire dessiner leurs enfants pour soutenir les aînés dans les homes.

Les premiers jours d’arrêt ont permis à beaucoup de respirer, de souffler. On se retrouve dans un autre rythme, on en profite pour mettre de l’ordre dans ses petites affaires… C’est le grand nettoyage du printemps (ça tombe bien!). Se mettre à jour dans ses papiers, trier ses armoires, faire de la place sur son disque dur, « backuper » ses milliers de mails sur son ordi, transférer ses photos de son gsm…

Et puis… ? Et puis le confinement se transforme doucement (et parfois sans pitié) en miroir grossissant de ce qui va et ne na pas dans notre vie.
Parfois on se réjouit que le rythme du monde s’ajuste (enfin) à nos besoins de ralentir intérieurs. Tout ce qu’on a déjà « mis en ordre », résolu, rend le passage plus doux. Restent les changements nécessaires auxquels on a résisté, les problèmes qu’on a enfoui, avec l’excuse que ce n’était pas le moment de s’y atteler, qu’on avait pas le temps de s’en occuper, pas les moyens ou pas la force, ou pas le courage. Tout ce qui ne nous convient pas commence à se voir comme un bouton, parfois horrible, monstrueux, au milieu de notre figure.

Nos activités mises en suspend, on sort de l’agitation qui nous permettait de ne pas sentir ni voir l’infection… Hop!, un peu de fond de teint et disparu le bouton! Être actif rendait ce-qui-ne-nous-convient-pas encore assez confortable, mais là, dans le confinement, le confort et les bénéfices secondaires ne font plus le poids! Nous voilà forcé.e de sentir l’intolérable, l’inacceptable, et de tirer un bilan.
Qu’est-ce que je fais de ma vie?
Est-ce que je m’astreins à vivre dans un endroit que je n’aime pas?
Est-ce que je vis avec des personnes que j’aime, certes, mais qui ne me font pas du bien?

Est-ce que je me consacre à ce qui fait du sens pour moi (même si aujourd’hui je ne peux pas exercer)?
Est-ce que je me sens perdu.e d’être face à moi-même complètement décentré.e, déconnecté.e de moi-même?

S’il y en a un, le plus grand « cadeau » du confinement, c’est certainement de nous réjouir de ce qu’on a matériellement et relationnellement, mais aussi de nous forcer à sortir du déni de ce qui ne nous convient pas.

Qu’est-ce que je tolère et qui ne me convient pas ou plus?
Comment j’ai pu me déconnecter de moi-même : qu’est-ce que je me raconte pour supporter ce qu’en fait je ne supporte pas?
Et si je remettais en question tout ce que je me raconte (qui me met dans mon impuissance)?
Et si je m’autorisais à chercher vraiment des solutions, à la fois créatives et réalistes?
1- Profitez de ce moment sur « pause » pour faire une liste de vos intolérances
2- Elaborez votre plan d’action : mieux vaut des petites promesses tenues que de grandes résolutions irréalisables.

3- Vérifiez que vos engagements ne dépendent que de vous (et pas seulement des autres ni du bon vouloir de l’univers!).
4- Engagez-vous à faire un petit pas dans le sens de ce que vous voulez changer chaque jour, dès que vous en avez l’occasion! Ça peut être de vous renseigner, de commencer à mettre vos limites…


Il sera là le vrai nettoyage qui nous attend…
De toutes façons, « on a confinement », et ça probablement encore pour un moment!

Autres articles

Il n'y a pas encore de commentaires.

Ajouter un commentaire

Laisser un commentaire

Your email address will not be published.