L’entreprise en feu, les collaborateurs crâmés, burnés…

Pour rester compétitif et gagner ou garder ses marchés, tout va – et doit aller – de plus en plus vite, dans une insécurité croissante vis à vis de l’avenir. L’entreprise d’aujourd’hui vit « à feu vif » tout au long de l’année. Et ses collaborateurs aussi.

La vie en entreprise n’est pas un long fleuve tranquille…

Sous la pression du monde des affaires, l’entreprise compte sur son personnel pour qu’il fasse preuve d’autonomie, de proactivité, de motivation et de leadership, tout en étant capable de s’ajuster à des objectifs, de respecter des règles de procédure de plus en plus strictes.

Les capacités d’adaptation et d’apprentissage sont sollicitées en permanence. Dans leur responsabilité d’améliorer les profits et de se positionner de manière concurrentielle sur un marché sans cesse en évolution, les dirigeants implémentent des changements structurels qui dépassent souvent largement le rythme de 20% par an.

Ce qui n’est pas gérable sur le plan physiologique humain : passé 20%, le néo-limbique, cette aire cérébrale qui hait le changement, paralyse les facultés d’adaptation.

Pourtant, l’employé est tenu de répondre à un profil type vis-à-vis duquel il est évalué – et réévalué – en permanence. L’avenir étant incertain pour tous, il sait que son poste peut être revu et qu’il risque sa place à chaque instant. C’est le siège éjectable non seulement au moindre faux pas, mais aussi à la moindre restriction budgétaire, car il ne s’agit plus seulement d’être productif mais aussi de contenter les investisseurs…

La situation qu’il doit gérer est pleine de contraintes bien souvent incompatibles. Il se  perd dans sa hiérarchie, reçoit des ordres contradictoires, sans plus savoir ni que faire, ni auquel réagir. De toutes façon, quoiqu’il s’investisse et quelque soit le nombre d’heures sup’ qu’il multiplie, il n’aura probablement pas toute la reconnaissance méritée. Tout le monde est tellement tendu… Et puis comme il est permuté d’une équipe de travail à l’autre en fonction des nécessités dictées par les projets, il n’a parfois plus le temps de créer des liens. Son sentiment d’appartenance à un groupe s’étiole.

S’il craque, il restera – peut-être – sur la voie de garage…
S’il continue, il va probablement droit au Burnout

En Europe, 1 personne sur 4 vit un Burnout à un moment de sa Vie et 19% des cadres en entreprise seraient « en risque élevé de Burnout ».

Le stress chronique semble être devenu le lot normal et quotidien de nombre de collaborateurs. Un état de stress survient lorsqu’il y a déséquilibre entre la perception qu’une personne a des contraintes que lui impose son environnement et la perception qu’elle a de ses propres ressources pour y faire face. Bien que le processus d’évaluation des contraintes et des ressources soit d’ordre psychologique, les effets du stress ne sont pas uniquement de nature psychologique. Il affecte également la santé physique, le bien-être et la productivité de la personne qui y est soumise.

Il ne faut pas confondre stress positif et mauvais stress. Vous le savez déjà, le stress n’est pas mauvais en soi, il est même essentiel: il a depuis toujours assuré la survie de l’humanité. L’augmentation du rythme cardiaque, la constriction des vaisseaux sanguins et la montée d’adrénaline, entre autres, permettent alors de devenir plus alerte et plus performant. C’est grâce au stress que l’on peut réagir de manière adéquate à un danger (attaque, lutte ou fuite). Le stress positif favorise également nos capacités d’adaptation au changement, notre créativité. C’est grâce au stress que l’humanité a pu évoluer. Mais de graves problèmes peuvent survenir quand le stress devient chronique, ce qui est de plus en plus le cas dans nos sociétés modernes. Une personne en proie à un stress chronique met constamment son corps en état d’alerte. Elle produit trop d’hormones de stress, principalement l’adrénaline et le cortisol. Son corps n’est plus capable de récupérer, de se régénérer. C’est un peu comme si le thermostat de l’auto-régulation était en panne. Le stress chronique, ajouté de facteurs tant personnels, relationnels qu’organisationnels peuvent être la cause du Burnout.

Le risque de l’entreprise face au Burnout?
Perdre un de ses meilleurs collaborateurs!

Repérer le Burnout (comme le bore out), le prévenir et l’enrayer est une aptitude que toute entreprise et manager devrait maîtriser.

Burnout : syndrome d’épuisement professionnel dû à une surcharge de travail
Bore out : syndrome d’épuisement professionnel par l’ennui

Le Burnout est à la fois un état et un processus. Un processus d’abord, qui se manifeste en 4 grandes étapes (plaisir, sur-engagement, acharnement frénétique, effondrement). Puis un état de fait, lorsque la victime est littéralement « burnée », « cramée » de l’intérieur, vide, déconnectée, insensibilisée, qu’elle n’a plus de goût à rien et qu’il lui faut progressivement se reconstruire. On parle alors de « Burnout consommé » .

Les signes du burnout ne sont pas parfaitement distincts et d’un individu à l’autre, ils n’arrivent pas toujours tous. De plus, ils peuvent suivre un ordre différent. Mais néanmoins, avec un peu d’attention pour ses collaborateurs (surtout ceux qui nous sont proches), on peut voir le Burnout venir… Et mieux vaut (pour tout le monde : l’entreprise, les collègues, la sécurité sociale, la société, l’individu, sa famille) l’arrêter tôt que tard.

Le savez-vous? La durée-type d’un congé maladie pour Burnout : de 6 mois à 2-3 ans avant d’être à nouveau (physiologiquement et émotionnellement) aptes au travail. Ce qui ne manque pas d’entrainer de la désorganisation, des risques psychosociaux élevés et des coûts élevés tant pour l’entreprise que pour la sécurité sociale et l’individu. Certains « burnés » ont été tellement loin qu’ils ne seront plus jamais capable de travailler. La plupart changeront radicalement de vie et ne retourneront pas à leur poste.

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