Le Burnout et le couple

La bienveillance, c’est se mettre au rythme du plus faible ou du plus fragile… Mais combien de temps cela va-t-il encore durer?

Pas facile pour le couple de gérer un Burnout!
Surtout quand il est pris – soigné – très tard, et que la ou la partenaire « met des lustres » à s’en remettre. Il n’est pas rare qu’il faille 6 mois à deux ans pour retrouver son tonus d’antan…

Comment gérer le fait que l’un des deux fonctionne depuis des mois à bas régime, que sa batterie sans cesse plate ne lui permet plus de faire la fête, que son stress d’avoir à boucler la journée avec le peu d’énergie disponible fait qu’il/elle rentre dans un sur-contrôle des activités « fun », que les soirées « hyper-pépères » se succèdent et se ressemblent? Comment enrayer la lassitude qui menace, la déception voire l’impatience face à la maladie (souvent considérée comme imaginaire!!!!)?

Les nuits blanches et angoisses nocturnes faisant partie des symptômes du Burnout, le cercle vicieux peut s’installer très vite : je n’en peux plus, même en congé maladie, je me traîne > je suis rongé(e) de contradictions : en même temps j’ai besoin de mesurer mes activités, mais en même temps je veux faire plaisir à mon/ma partenaire pour ne pas le perdre > pour lui/elle, je dépasse mes limites physiologiques > je le paie pendant les jours qui suivent > je m’en veux, je lui en veux > je multiplie les nuits d’insomnie > je suis encore davantage épuisé(e) > par peur de perdre encore de l’énergie, je me crispe et fait de l’évitement aux propositions actives de mon/ma partenaire > la relation de couple s’en ressent…

Doucement, Eros (le plaisir d’être ensemble) laisse la place à Thanatos (lourdeur, inertie, manque de plaisir)…

  • D’abord, il est essentiel de légitimer le Burnout. Un Burnout, ça se « mesure »! Des tests sanguins peuvent mesurer le déséquilibre hormonal (cortisol…) et même, (je le conseille) de faire un bilan nutritionnel. Demandez à votre médecin, certains sont spécialisés dans ces bilans sanguins complets.
  • Le burnout invite à la dé-fusion du couple pour aller vers l’interdépendance. Accepter de ne plus tout faire à deux. Le/la burné(e) roule en Deux-chevaux. Son/sa partenaire est en Porsche. « Même si on s’aime et qu’on est un couple », autorisons-nous à certains moments de nous séparer pour chacun rouler à son rythme, en prenant soin d’avoir des temps ensemble. Certains où la Porsche ralentie et découvre davantage le paysage… et d’autres où la Deux-chevaux s’autorise au vertige de faire une petite pointe pour faire la course à la Porsche…
  • Ensuite, il est important que le/la « burné(e) » établisse le cadre de ses limites physiologiques et qu’il/elle le partage avec son/sa partenaire. Souvent, le couple souffre de ce manque de cadre. Le/la burné(e) qui culpabilise de son manque de tonus essaie de suivre le rythme, et le/la partenaire, fatigué(e) du fonctionnement au ralenti en attend plus. Le cadre permet d’éviter les attentes déçues, les pressions, les culpabilités et culpabilisations.
  • Enfin, ne pas en faire tout un fromage et savoir en rire. Accepter la situation avec le plus de légèreté possible, car au mieux on le soigne, au moins on se met de la pression, au plus vite on sort du Burnout.

Comment poser un cadre? S’écouter. Écouter ses limites. Et puis les communiquer à son environnement. Clarifier ses « possibles » et « impossibles » et s’y tenir. S’engager exclusivement aux « possibles », pour le reste, c’est du bonus si cela se fait. Le Burnout est un signe que s’écouter et se dire est quelque chose que l’on ne fait pas, pas assez, ou mal. Pas facile de montrer ses « faiblesses », il faut le dire, dans une société qui prône la fusion (tout faire à deux), le jeunisme, le devoir au bonheur, l’énergie du battant, le challenge de gagner.

Le cadre est l’expression de mes limites (physiologiques et émotionnelles dans le cas du Burnout, mais elles peuvent aussi être physiques, culturelles, philosophiques, alimentaires…). Au plus je rends visibles mes limites, au plus je permets à mon environnement d’être bienveillant.

Au moins je rends visibles mes limites (voire au plus j’essaie de les cacher pour faire « bonne figure »), au moins l’autre (et mon environnement) peut s’en rendre compte et donc s’impatienter, être déçu(e) par ce qu’il perçoit comme un manque d’effort ou un manque d’engagement ou…

En cas de Burnout, je suggère vivement aux couples de définir et de s’ajuster ensemble autour d’un cadre de convivialité (= vivre ensemble).
Le coaching (individuel et de couple) est un espace qui peut aider à définir ce cadre qui clarifiera, le temps de la guérison, certaines règles de fonctionnement : à quoi le/la burné(e) s’engage, ce sur quoi son partenaire peut compter et ne pas pas compter au niveau des activités… (Ex : « Ok pour recevoir du monde une fois par mois à la maison, mais à la condition que je puisse m’éclipser après 23h, même s’il reste des convives et que je ne m’occupe pas du rangement »).

L’objectif du cadre? Permettre à Eros et Dyonisos de se réinviter dans la vie du couple! Faire des choix de fonctionnement plus conscients.

Le Burnout peut être un beau chemin à parcourir pour le couple.

Comme toutes difficultés que traverse un couple (maladie, perte d’emploi, décès, crises d’adolescents à gérer…), il ouvre tout un espace pour la vulnérabilité et les besoins de chacun. Il offre l’opportunité de développer ses capacités d’écoute, d’empathie, mais impose aussi à chacun de savoir poser ses conditions et limites pour protéger la qualité de la relation.

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